• Facebook Social Icône

© 2020 municipales Cahors

La vieille ville 

 

Commençons par  la vieille ville.

Tous les Cadurciens ne le savent pas :  Cahors a l’ensemble urbain cohérent, remontant au Moyen-Age le plus étendu  de France . Il est compris dans la bouche à l‘est du Boulevard Gambetta . Jadis, une population aussi importante que celle d’aujourd’hui se tenait entassée dans ces quartiers qu’ ornent encore des noms évoquant un  lointain passé : rue de l’Université , rue Daurade, rue Pellegri ( nom d’un célèbre collège), rue Donzelle etc. 

Ce vieux quartier  reste sale, loin de ce qu’il  devrait être compte tenu de son immense valeur  patrimoniale. La municipalité actuelle n’a rien trouvé de mieux que de le  couvrir presque tout entier de ce qu’on appelle le « béton lavé » : on dit lavé , je me demande   pourquoi parce qu’il n’y a rien de plus salissant. Au bout de six mois, ce béton devient pisseux . Il  y faudrait un entretien permanent. 

Il semble que ce revêtement  à bon marché ait été prévu pour remplir cette promesse idiote  faite par l’équipe Vayssouse aux dernières élections de refaire toutes les rues de la  vielle ville en 5 ans. 5 ans alors que, si on avait voulu bien faire les choses , c’est un programme   de 20 ans au moins qu’il fallait prévoir – et qu’il faudra un jour prévoir quand on se mettra à faire enfin  un travail sérieux. 5 ans , ce ne pouvait été que du vite fait mal fait. Heureusement ce programme absurde ne sera pas tenu  d’ici l’élection prochaine car il est désastreux. 

Toutes  les villes qui , de  par le monde , ont des quartiers  aussi anciens – et souvent moins anciens -   que le nôtre , se sont efforcées de poser des  revêtements qui rappellent les époques antiques : pavés de différents qualités dalles , carrelages ou autres.  Il suffit de visiter les vieux quartiers de Toulouse, de Gourdon, de Sarlat, de la Rochelle, de Bayonne, d’Albi, j’en passe . Mon ami Etienne Patier  avait accompli comme adjoint au maire de Brive-la-Gaillarde , une œuvre extraordinaire au centre de cette ville avant de décéder trop tôt. C’était un homme de grande culture, pas une ganache. On peut en dire  autant des villes étrangères construites à la même époque que Cahors  : Florence , Venise, Sienne, bien sûr, et même Damas que j’ai visitée en pleine guerre où, heureusement, le quartier historique , magnifiquement mis en valeur, n’a pas été touché par la conflit.  Partout où ont été conservés de vieux quartiers, on s’est efforcé de poser des revêtements qui évoquent l’époque ancienne.
Les puristes diront qu’au  Moyen-Age, il ne devait pas y avoir de pavés partout , que la plupart du temps, le revêtement , c’était  de la gadoue. Je le sais, mais à notre époque où les touristes sont de plus en plus nombreux à visiter Cahors, il faut qu’ils  y trouvent une environnement urbain cohérent avec ce qu’on sait de l’histoire de la ville. Des pavés, c’est le signe que la ville a conscience de la valeur de son  patrimoine, qu’elle le respecte, qu’elle s’inscrit dans une histoire. Il est clair que ce n’est pas le cas aujourd’hui. 

Dans la principale  rue du quartier ancien , notre chère et vieille Rue nationale, les pavés ont  été enlevés par l’actuelle municipalité pour y mettre à la place du béton. Quand je raconte ça à des gens de l’ extérieur, on me dit « mais ils sont dingues ! » ; je l ’avais dit au conseil  municipal , on m’a répondu que les personnes âgées risquaient de buter sur les pavés. Oui, s’ils sont mal entretenus. Il y a la possibilité de mettre des dalles relativement lisses ; je m’étonne surtout que cette  objection n’ait pas été prise en compte dans aucune de la cinquantaine de villes de France qui ont des quartiers anciens, à commencer par Toulouse, Figeac et Gourdon.   

On dit que les pavés coûtent cher. Ils couteraient moins cher si on avait commencé à les poser il y a vingt ou trente ans  par petites tranches chaque année. On ne l’a pas fait ; ce n’est pas une raison pour vouloir rattraper le temps perdu en cinq ans en faisait n’importe quoi. Mieux vaut tard que jamais : il faudra un jour mettre le vœux quartier de Cahors aux normes de tous les quartiers  anciens de France et d’Europe . Avec l’actuelle municipalité, on aura plutôt reculé qu’avancé. 

Dans ce quartier, le bâti ancien a été conservé presque partout . Certes , ici ou là , des entorses ont été faites    ; je ne parlerai pas de la Bourse du travail , qui est presque devenue un monument historique, mais par exemple de l’Ilot du Lavoir  : j’avais  assisté comme secrétaire général de la préfecture à son inauguration en 1984  : tout le monde se réjouissait qu’on ait réalisé un ensemble HLM en accord avec  le caractère du quartier : j’en doute aujourd’hui. Heureusement le reste du quartier a été à peu près préservé.   

Autre verrue, encore plus ancienne : la façade de l’école Notre-Dame (devenue Saint-Etienne) ,  qui tranche avec l’environnement ancien. Elle est particulièrement visible quand on regarde la ville du pont de Cabessut   : quelle admirable silhouette, quelle magnifique croupe si j’ose dire, un de plus beaux panoramas de Cahors qui donne à ceux qui regardent de là une impression inégalable  de la ville. Je la conseille à tous les visiteurs . Dommage que cette anomalie vienne l’enlaidir. Quand cela s’est fait , y avait-il des architectes des bâtiments de France ?   Oui, mais ils avaient alors le droit d’exercer dans le privé le privé et ça les occupait beaucoup . Cela est-il réaménageable ? C’est à étudier. 

Il reste qu’il y a encore beaucoup  à faire pour mettre le bâti du vieux quartier en valeur. Quelques opérations ponctuelles de ravalement  des vieux bâtiments ont été entreprises, certaines ont été réussies, par exemple sur la place Chapou ou la place Saint-Urcisse, mais  c’est encore bien peu. Il ne suffit pas de payer cher des consultants ou des urbanistes, comme le fait une municipalité sans idées, il faut créer une dynamique collective  en mobilisant les propriétaires , les commerçants, les habitants , ce qui implique que l’on agisse, tans tel ou telle rue que l’on veut rénover , à la fois sur les propriétaires ,  sur la voierie et sur les autres équipements. Beaucoup de ces propriétaires manquent d’argent pour rénover leur façades, il faut les aider. 

J’avais  obtenu , quand  j’étais premier adjoint au maire en 2001-2002,   une subvention à la rénovation des façades . Elle a été   abrogée par Lecuru puis rétablie depuis. Il ne faut pas hésiter  à l’augmenter et peut-être à susciter l’émergence de nouvelles entreprises pour aller plus vite. 

Pourquoi ne pas comparer la vieille ville de Cahors à celles de Florence  ou Sienne ? C’est à ce niveau qu’elle se situe. Ce sont les mêmes architectes italiens,  à la même époque , qui sont venus travailler à Cahors, les uns et les autres étant alors en relations d’affaires.  Mais quel contraste entre ces villes italiennes , si bien restaurées et entretenues, et la capitale du Quercy si négligée ! Dans ces villes, de riches Américains  viennent acheter de pieds à terre . Pourquoi cela ne se ferait-il pas chez nous ? Je l’ai dit une fois en commission de l’urbanisme. Un élu notaire m’a rétorqué  : « c’est  Disneyland que vous voulez faire ? »  ? Pas tout à fait mais pourquoi pas ? Il ne s’agit pas d’en chasser les Cadurciens mais de valoriser comme il convient le patrimoine, leur  patrimoine, d’en faire rayonner le prestige dans le monde entier. Dûment sollicitées, de fondations privées pourraient être associées à cette entreprise. Il faut être , pour les attirer,   un peu plus branché que les édiles actuels.