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Le pont Valentré

 

De l’autre côté de la vieille ville , l’autre fleuron du Cahors ancien : le pont Valentré . 

Je regrette pour ma part  que la rocade , là où elle a été construite , coupe la  belle perspective que l’on a sur le pont Valentré depuis   la rue Wilson. Je suis sûr qu’on aurait pu faire autrement. Cette rocade qui a couté très cher était-elle d’ailleurs utile ? 

Je n’ignore pas qu’elle est bien pratique pour beaucoup d’habitants de Cahors et de Pradines mais le moins qu’on puisse dire est   que la circulation n ‘y est pas très intense. Elle fait à mon sens double emploi avec l’autoroute . Un choix n’a pas été fait : ou on se contentait de la rocade sans autoroute  ou , si on faisait une autoroute , il fallait la faire passer là où se trouve la rocade. Techniquement , il y aurait eu des difficultés mais pas insurmontables. Les millions de véhicules qui  y transitent auraient eu , ne serait-ce que quelques secondes, un coup d’œil sur la ville de Cahors qui en aurait été énormément valorisée avec tout ce qui y touche, à commencer par le vin. Un coup d’oeil de quelques secondes, c’est un spot publicitaire à la télé !  Aucune mention du vin de Cahors sur l’autoroute ! On y voit seulement un cochon truffier pour signifier Lalbenque : l’immense majorité des gens qui ne sont pas au courant croient que Lalbenque est la capitale du cochon. On aurait même pu édifier une plateforme sur le viaduc permettant de s’arrêter pour regarder la ville     ; mais tout cela ne s’est pas fait  et on n’a pas fait pour autant des économies, bien au contraire. On ne reviendra pas en arrière. 

Je n’ai pas encore compris à quoi servait ce ruisseau artificiel qui relie l’est et l’ouest de la ville  en passant par l’hôpital. Ce genre de gadgets , suggéré par quelque cabinet de consultant à une municipalité en mal d’idées, ne remplace pas une vraie vision de ce qu’est la  ville et des moyens de la mettre en valeur. 

S’il fallait célébrer l’eau , cela aurait dû se faire à   la fontaine des Chartreux où était célébré du temps des Gaulois le culte de la déesse Divona . 

Quand Monsieur Perrin avait bâti sa boutique en forme de grange rustique à l’ancienne à côté du Pont-Valentré , nous étions en pleine campagne électorale. Le bâtiment n’est pas vilain  et pour cause : ses plans ont été faits par un architecte des monuments historiques. Mais il n’est pas à sa place :  dans la répartition de l’espace telle qu’elle était quand on a construit Cahors, le pont marquait la séparation ente l’espace urbain , en deçà et l’espace rural , au-delà. Ce genre de bâtiment n’appartient clairement pas à l’espace urbain. Des Cadurciens s’en étaient émus. J’avais publié un communiqué critique.  Des deux autres candidats, aucun ne pouvait parler : Charles parce qu’il avait donné le permis de construire , Roumégoux en raison de ses liens notoires avec Perrin. Moi seul pouvais dire ce que pensaient beaucoup de Cadurciens , ce qui m’a valu un appel de Londres d’ où le propriétaire du bâtiment m’a passé une algarade  violente : il pensait que j’étais jaloux de son argent , ce dont je me fichais éperdument, m‘a menacé de poursuites; ça ne m’a pas ému ; j’ai raccroché. Seule m’intéressait, à cette époque comme aujourd’hui, la défense du patrimoine de Cahors . Ceci dit, on s’est habitué, et surtout on a vu bien pire depuis lors.

De l’autre côté du pont en suivant la même berge du lot, l’actuelle municipalité a autorisé  la construction d’un Hôtel Best Western, la célèbre chaîne américaine, à façade blanche et promu la construction d’une Auberge de jeunesse, blanche elle aussi,  dont tout le monde considère qu’ils jurent avec le pont Valentré. Je ne sais si cet hôtel marche mais il a , ne serait-ce que par son nom, un côté extraterritorial. Comment les architectes des  bâtiments de France qui ont un droit de veto sur les abords immédiats des monuments historiques ont-ils pu autoriser cela ? Il faudra qu’on m’explique. Vu depuis le pont et de l’autre côté du Lot,   l’effet est désastreux. J’avais à l’époque écrit au secrétaire général de l’UNESC0 , dont j’ai reçu une réponse polie mais sans suite . A tout le moins aurait-on pu imposer à ces bâtiments une couleur sable ou ocre en harmonie avec celle du   pont ( comme on l’avait fait pour le foyer Valentré) ou bien un rideau d’arbres. Ce n’est pas une réussite de la municipalité actuelle. Là encore elle révèle son mépris du patrimoine cadurcien, - ou plutôt son ignorance grossière. 

A l’entrée de ce quartier qui conduit à la plaine du Pal , on a écrit «’ici commence  le Cahors du XXIe siècle » ; quelle idée de faire commencer le XXIe siècle juste à côté d’un monument  du XIVe siècle parmi les plus connus du monde ! 

L’auberge de jeunesse se verrait moins si elle n’était pas si haute. Mais au-dessus du bâtiment  principal été placée une surélévation qui ne se voit pas de la rue mais se voit par contre très bien quand on traverse  le pont à pied. Là aussi l’effet est plus que fâcheux

J’avais fait observer en son temps au conseil municipal, sans savoir que le  bâtiment serait si haut, qu’il ne me paraissait pas opportun de reléguer les jeunes de passage au-delà de la  voie ferrée comme s’ils étaient indésirables au centre-ville. En la maintenant là où elle était ( ce qui était tout  à fait possible si on l’avait voulu ) ou à la maison des Œuvres ou au pont de Cabessut côté est, on aurait permis aux jeunes – ou moins jeunes -  de passage d’aller le soir prendre un verre dans les bistrots du Boulevard, si morts en temps ordinaire. Les jeunes visiteurs de passage dans une ville, doivent y être  accueillis au centre.  

Une autre  occasion manquée : le bâtiment qui se trouve au bout du pont de Cabessut,      libéré par une ambulancier : il aurait pu permettre à des jeunes, de l’extérieur ou de Cahors de se trouver en face du pont   à l’endroit où on a la meilleure perspective sur la ville et à deux pas du centre.